Fleuriste, un métier passion

Fleuriste, un métier passion

Bonjour à toi!

Depuis le début de ce blog j’avais envie de te parler du métier de fleuriste. En effet, comme je te le racontais dans cet article, c’est le métier que j’exerçais il y a encore quelques mois. Seulement voilà, j’avais peur que ça n’intéresse pas grand monde. Alors comme à mon habitude j’ai mis en place un petit sondage sur Instagram, pour tâter le terrain. Et je me suis rendue compte que je me trompais et que je devais suivre mon intuition: les retours ont été très positifs. Je vais donc aujourd’hui te raconter le métier-passion de fleuriste, en quoi il consiste et du coup, forcément, un peu mon histoire!

Mon parcours

Je ne fais pas partie des gens qui se sentent habités par une vocation, un métier bien défini et tout tracé! Pour moi ça a toujours été un peu le parcours du combattant, à savoir que des choses me plaisaient mais elles me paraissaient incompatibles. D’abord je me suis dirigé vers les arts: j’ai obtenu un bac littéraire option arts plastiques, puis tenté d’entrer dans une MANAA (mise à niveau en arts appliqués), qui n’a pas été concluante.

route sinueuse

 

Ensuite je me suis tournée vers le social : j’ai toujours eu envie de travailler avec les gens, tu l’auras compris, dont ma reconversion dans le coaching aujourd’hui. J’ai fais une prépa pour être éducatrice de jeunes enfants. Mais aux concours, une fois de plus, je n’ai pas été prise.

J’ai alors pensé à une troisième option: assistante sociale. Après avoir réussi les concours d’entrée, rapidement j’ai compris que ça n’allait pas le faire. Trop de théorie, de paperasse, aucune créativité : pour moi qui suis kinesthésique c’était ennuyant à mourir! Certains cours étaient passionnants et j’ai fais de très belles rencontres, mais ça n’était pas suffisant pour moi. Alors ,avant la fin de l’année, j’ai fait le choix d’arrêter.

Et là, ça a été le néant. Le vide intersidéral même! Je ne savais plus vers quoi me tourner, j’avais l’impression que rien ne me correspondait. Et en un sens, je comprends aujourd’hui que c’était vrai. Parce que mon métier, celui qui sera parfaitement aligné avec qui je suis, je vais devoir le créer, sur-mesure. Mais ça c’est une autre histoire….

Et puis au bout de quelques semaines d’errance, ma mère m’a lancé “et pourquoi pas fleuriste?” Oui, c’est vrai, pourquoi pas? J’avais alors la vingtaine , tout était encore possible ! Passionnée par la nature depuis toujours (je suis née et ai grandi dans les montagnes), et adorant les travaux manuels, j’ai alors été voir la fiche métier. Et en effet, je me suis bien reconnue dans le descriptif du profil, alors je me suis lancée! Et ça a plutôt bien fonctionné, puisque j’ai exercé ce métier pendant 9 ans !

bouquet de fleurs

Le métier

Être fleuriste, c’est avant tout travailler de la matière, du vivant. C’est jouer avec les formes, les couleurs, les parfums. Et tout ça, ça s’apprend! Certains sont naturellement doués, mais c’est rare! Souvent les clients me demandaient d’un air curieux s’il existe une école pour devenir fleuriste. Hé bien oui, mais nous reviendrons sur ce point plus tard. Des fleuristes autodidactes, il y en a très peu, et aujourd’hui si vous postulez à une offre d’emploi on vous demandera des diplômes. Fleuriste ce n’est plus aujourd’hui un métier qui s’apprend “sur le tas”. Loin de là. Et le mot “fleuristerie” existe, tout comme le mot pâtisserie!

Les tâches quotidiennes

J’ai travaillé dans six entreprises différentes durant ma carrière. Voilà un peu comment s’organise une semaine type en entreprise, dans une boutique de fleurs traditionnelle. Le lundi c’est généralement LE jour de repos, à moins que la boutique soit ouverte 7 jours/7, mais dans les petites enseignes c’est rare. Le mardi, c’est l’arrivage (en fonction des ventes du week-end) : il faut donc nettoyer les vases restant en magasin, recouper les tiges des fleurs, changer l’eau. Ensuite préparer celles qui viennent d’arriver: recouper les tiges, puis les mettre à l’eau. Chaque type de fleurs nécessite un entretien bien particulier : on ne met pas la même quantité d’eau à une rose et à gerbera, certaines fleurs ont besoin d’être “tigées” pour avoir un joli aspect (on ajoute un tuteur pour tenir la tête de la fleur), certaines ont besoin d’eau tiède, d’autre qu’on écrase les tiges… à l’aide d’un marteau (oui oui tu as bien lu), d’autres encore d’être fendue en deux … tu comprends maintenant pourquoi je te dis que ça s’apprend?! Sans parler des différentes techniques d’emballage, des pliages a apprendre (qui diffèrent d’une boutique à l’autre). Passionnant, mais technique!

bouquet hauteur

En parallèle tu dois aussi gérer les commandes, les appels, les livraisons et servir les clients! Checker que les plantes vont bien et qu’aucune n’est morte de soif. Et ce tous les jours de la semaine! Et, bien sûr, t’occuper du magasin: passer le balai, nettoyer le sol. Parce qu’un fleuriste, ça n’a pas de femme de ménage!

Le mercredi, généralement, c’est le jour du ménage. Époussetage des tables ou des supports, idem si on vend des objets ou des fleurs artificielles. On range ce qui traîne, et on arrose les plantes ( uniquement celles qui ont soif, comme je te l’expliquais dans mon article sur le mythe de la main verte. La règle du “j’arrose mes plantes une fois par semaine” est d’autant moins valable dans une boutique de fleurs, tu t’en doutes).

Le jeudi, c’est le jour du gros arrivage. En général il me prenait un jour voire un jour et demi, en fonction des quantités reçues. Donc en gros, pendant une journée, en plus de toutes les tâches quotidiennes citées plus haut, tu vas couper les tiges des fleurs, les mettre à l’eau puis ré agencer l’étalage, pour qu’il soit harmonieux et attrayant.

couronne de deuil

Le vendredi, en fonction de mon avancement du jeudi, soit je terminais l’arrivage des fleurs coupées soit je commençais la création: bouquets et compositions piquées pour le magasin. En période de mariage je commençais aussi certaines commandes le vendredi: centres de table, compositions d’église,… Et en fin de journée souvent nous recevions les plantes, en fonction des besoins pour le week-end. Il fallait alors tout étiqueter à la main, vérifier l’état des plantes et éventuellement les arroser, puis les mettre en place.

Le samedi était exclusivement consacré à la vente et à la confection de bouquets pour le magasin, éventuellement aux préparatifs de dernière minute pour les mariages: décorations de voiture, bouquet de mariée, boutonnière.

Et enfin le dimanche matin, c’était de la vente et de la prévision pour le mardi: checker les commandes et les livraisons pour la semaine suivante, et commander les fleurs en fonction.

Bien entendu ce planning est donné à titre d’exemple, chaque boutique à sa propre organisation. Certaines grandes boutiques reçoivent des fleurs et plantes tous les jours, ça dépend aussi du nombre d’employé. Toutes les boutiques où je suis restées étaient de petites structures, avec deux employés maximum.

Le côté humain

Mais être fleuriste, c’est aussi être en contact avec les autres. C’est accompagner les gens pendant toutes les étapes de leurs vies. Les plus belles comme les plus douloureuses. Mariage, baptême, baby shower, anniversaire, mais aussi deuil (parfois pour des enfants ou des tout-petits), entretien de tombe. Et conseiller une femme sur les fleurs a choisir pour l’enterrement de son mari, ça n’est pas facile. On ne vous forme pas pour ça. Certains se confient à vous, parfois même se mettent à pleurer. Ou règlent leurs histoires de famille devant vous.

Ça m’est arrivé aussi de me faire insulter, d’avoir des clients odieux ou condescendants, qui me prenaient de haut parce que j’étais vendeuse ( or fleuriste et vendeuse, ce n’est pas pareil!) , ou qui ne m’adressaient pas la parole, trop occupés à leur conversation téléphonique. Sans parler de ceux qui ne disent pas bonjour! Rarement, fort heureusement, mais ça arrive.

C’est un métier où il est très important, voire primordial, de faire preuve d’empathie sèche : être à l’écoute, mais ne pas se laisser submerger par les émotions de l’autre. Et ça, c’est un sacré travail!

Les fêtes

Un autre aspect très important du métier de fleuriste, ce sont les fêtes. La Toussaint, Noël, nouvel an, la St Valentin, la fête des grands-mères, Pâques, le 1er mai et surtout la fête des mères sont des périodes de travail intenses pour tous les fleuristes!

 

 

Mes conseils

Si tu souhaites te lancer dans le métier de fleuriste, que ce soit dans le cadre d’une reconversion ou pas, voici mes conseils.

Tout d’abord sache que c’est un métier difficile: tu as sans cesse les mains dans l’eau, la plupart des boutiques sont peu voire pas chauffées, et n’ont pas non plus la climatisation l’été. Tu peux être amené à travailler dehors l’hiver (pour décorer les vitrines de Noël par exemple). Et tu passe toutes tes journées debout. Tu piétines, tu portes des charges lourdes… voir très lourdes. Si c’est ta boutique ou que ton patron t’en donne la responsabilité, tu peux être amené à aller acheter les fleurs pour les arrivages, ce qui implique de se lever très tôt le matin.

Tu ne compteras pas tes heures, tu bosseras sûrement 6 jours/7, tous les week-ends et jours fériés! Et si un jour tu gagnes plus de 2000 € par mois c’est que tu as sans doute 30 ans de carrière à ton actif! Bref, tu ne travailleras ni pour l’argent, ni pour la gloire! Sache également que la convention collective n’est clairement pas la plus avantageuse : tu n’es payé double que le 1er mai, les dimanches et jours fériés sont considérés comme des jours normaux. Tu finis souvent tard le soir (entre 19h et 21h pour la plupart des boutiques).

À côté de ça, c’est une passion au-delà d’un métier. Hyper créatif, tu auras, en plus de la création florale, l’aménagement de la boutique et la décoration de là où des vitrines à effectuer. Parfois tu auras des demandes complètement inattendues, tu devras imaginer des décors, retranscrire des ambiances… Par exemple dans la boutique où je suis restée 6 ans on nous avait demandé de créer un bateau pour le mariage d’un marin, ou encore de trouver des idées pour un mariage “Harry Potter”,… l’imagination est sans limite, mais il faut que ça reste réalisable techniquement! Relever des défis, se surpasser et surtout rendre les clients heureux, c’est là toute la beauté du métier! Je me souviendrais toujours avec émotions de cette dame âgée, venue me remercier suite aux obsèques de son mari pour la pièce de deuil que j’avais confectionné, qu’elle avait trouvé magnifique.

metier passion fleuriste

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C’est un métier qui m’a beaucoup apprit et fait grandir.

J’ai écris ce petit laïus sur Instagram il y a quelques semaines, et j’avais envie de le partager ici avec toi parce qu’il traduit très bien mon ressenti:

Parfois on me demande « pourquoi tu n’aimes plus être fleuriste? »
J’aime être fleuriste, j’ai adoré ça, je m’y suis donnée à fond pendant 10 ans, tous les week-end, tous les jours fériés, 6 jours sur 7.
Je n’ai pas arrêté parce que je n’aimais plus mon métier, mais parce qu’il n’était plus en adéquation avec ce que je voulais vraiment faire de ma vie.
J’aime l’art, la beauté, l’assortiment des couleurs, des textures, des formes. 
J’aime créer, voir quelque chose de concret aboutir de mes idées , j’aime me servir de mes mains comme d’un outil.
J’aime les êtres humains, leur contact, l’émerveillement dans leurs yeux quand ils rentraient dans la boutique.
Plus que tout j’aimais l’idée qu’un bouquet pouvait apporter un peu de joie dans leur journée, et que leur passage à la boutique puisse être une parenthèse dans leurs vies chronométrées .
Mais aujourd’hui, je veux donner plus qu’un bouquet de fleurs aux gens, je veux les accompagner dans la transformation de leur vie. 
La transformer en la plus MAGNIFIQUE des fleurs” @doucemelodi

Si tu souhaites toujours te lancer dans l’aventure après tout ça, alors fonce! Écoute ton cœur, ta passion, si c’est ça qui te plaît, le contact des plantes, des fleurs et des gens, c’est un métier magnifique! Travailler au milieu de la beauté, des parfums, d’êtres vivants, quoi de plus beau comme cadre de travail?

Cependant, je te conseille fortement de suivre une formation diplômante. Plusieurs options sont possibles:

Si tu as moins de 26 ans, tu as la possibilité (c’est ce que j’ai fais et je le recommande vivement) de faire tes études en apprentissage. Tu passeras environ 1/4 de ton temps à l’école, et le reste en entreprise. Attention cependant, le secteur est en crise et trouver un employeur n’est pas forcément facile, je te conseille donc de t’y prendre à l’avance, et de faire preuve de courage et de persévérance.

Tu pourras alors obtenir un CAP (en 1 an au lieu de 2 si tu as déjà un bac), puis un BP ( brevet professionnel, en 2 ans également), puis un BM (brevet de maîtrise). Ayant personnellement fait un CAP en 1 an puis un BP, si tu es encore jeune et que tu as le temps je te conseille ce cursus. Le BM n’est pas nécessaire, et le CAP seul est un peu léger.

Pour les formations adultes (plus de 26 ans) le cursus est différent, et se fait en 1 an.

Pour plus d’informations tu peux te renseigner auprès de l’école des fleuristes de Paris .

moi de dos

(photo prise par Shezshe)

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10 thoughts on “Fleuriste, un métier passion”

  • Psycho, j’ai pas mal d’amies EJE ou ES ou encore AS, je connais la difficulté de ce type de concours …
    Et je suis ravie de découvrir ton univers de fleuriste ! J’avoue absolument ne pas m’y connaitre et c’est un métier bien mystérieux ! En lisant ton article, je me disais “mais quelle quantité de travail, c’est dingue” ! Il faut être très organisée, aimer le contact humain, savoir gérer les stock et les commandes, c’est physique, bref très polyvalent ! Merci pour cette découverte 🙂

    A bientôt,
    Line
    https://la-parenthese-psy.com/

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    • Merci Line!
      Je me rends compte qu’en fait c’est vraiment un métier méconnu, beaucoup s’imaginent que c’est assez “cool”, qu’on fait des bouquets toute la journée!Et surtout comme tu le précise bien on ne s’imagine pas la polyvalence que ça demande d’être fleuriste! Ravie d’avoir pu te faire découvrir ce joli métier!
      Bonne soirée,
      Elodie

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  • C’est super intéressant, je ne savais pas toutes les responsabilités que vous aviez ! Et je ne savais pas non plus tout ce que tu avais essayé avec d’être fleuriste. C’est chouette 🙂 Bisous Elodie !!

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    • Hooo Cerise merci pour ton commentaire!!! Hé oui j’en ai testé des choses avant de me trouver, et je suis sûre que ma route est encore loin d’être toute tracée! Heureuse d’avoir croisé ta route en tout cas, et hâte que tu commences la formation toi aussi!
      Bisous, à très vite!

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  • Il est super ton article sur le métier de fleuriste. Stéphane

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    • Merciiii!

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  • Tu as fais un beau parcours, ce métier me fait rêver c’est tellement interessant. Super expérience. Tes photos sont magnifique. Merci pour tes explications.

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    • Merci beaucoup! Oui ça a été chaotique sur le moment mais je réalise aujourd’hui que tout avait sa place!

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  • Coucou! j’ai découvert le lien de ton article sur facebook, j’ai tout de suite été captivée, C’est tellement un métier passionnant.
    Merci pour ton témoignage, et je suis admirative
    Bises de La Réunion

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    • Merci Nina!
      Oui c’est sûr j’ai vraiment adoré exercer pendant ces quelques années, les journées étaient rythmées et différentes !
      Je t’en prie, merci à toi!

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